Chronique
5 octobre 2018
Outils de surveillance et information

A AIR 24, un nouveau capteur de particules fines se dévoile

Microcapteur Ecologic Sense
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Le 18 septembre, à AIR24, la manifestation d’AtmoSud consacrée à l’innovation dans la surveillance de l’air, Pascal Kaluzny présentait les futurs capteurs de particules d’Ecologic Sense, sise à Rousset, dont il est le président. Avec Next PM, la mesure des polluants se démocratise et pourrait compléter les réseaux existants de surveillance de l’air.

Pouvez-vous résumer ce qu’est Next PM, votre futur micro-capteur ?

Il s’agit d’un micro-appareil qui peut être embarqué, intégrant un capteur de particules, et un petit logiciel qui permet d’y récupérer en temps réel les informations nécessaires sur la qualité de l’air.
Ces deux dernières années notre équipe, autour de l’ingénieur Antoine Dumas, a développé ce micro capteur, aujourd’hui protégé par trois brevets. Il mesure les particules selon leur taille et dissocie PM10, 2,5 et 1. Nous l’avons testé en ambiance très polluée afin de vérifier qu’il donne une information fiable sans avoir besoin d’être re-calibré avant dix mille heures de fonctionnement, soit un an et demi. Mais compte tenu qu’il n’est pas utilisé en continu, on considère qu’il peut fournir dix ans de mesures sans ré étalonnage.

La réglementation n’oblige encore personne à mesurer le taux de particules si fines

C’est vrai, mais bien que les PM1 (un micron) ne soient pas concernées par la réglementation, nous considérons que, très fines, elles pénètrent plus profondément dans l’organisme, ce qui rend nécessaire leur mesure, dans une optique sanitaire. Pour mesurer de si petites particules nous faisons appel à une technologie optique, et nous pouvons ainsi mesurer ces particules d’un diamètre compris entre 0,3 microns et un micron.

Ce type d’appareil peut-il se substituer aux stations de mesure de la qualité de l’air telles qu’on les connait ?

Non, il s’agit bien d’un capteur d’air ambiant, destiné à des stations de mesures déjà existantes ; il n’y remplacera pas l’instrumentation existante mais la complétera. Cependant il est également intégrable en milieu industriel, tel qu’un circuit de ventilation. Il pourrait donc aider un industriel à mieux gérer ses flux de ventilation.
Le coût modéré permettra de l’intégrer aux stations de mesures des AASQA, et nous travaillons actuellement à cette intégration.
En fait, et dans ce cadre, ce type d’appareil deviendra indispensable car, pour bien mesurer la qualité de l’air, nous devons multiplier les points de mesures, ce qui réclame une instrumentation fiable et peu coûteuse. Ces conditions remplies, un déploiement devient possible.

Quand sera-t-il disponible de manière opérationnelle ?

Nous pensons que cet appareil entrera en phase de commercialisation en 2019, après deux ans de développement. Il est conçu, développé et fabriqué en France.

Si vous deviez définir la période qui s’ouvre à la mesure de la qualité de l’air ?

Nous vivons un basculement technologique, car nous sommes capables de mesurer mieux la concentration des polluants au moment où le numérique affirme sa force. La mesure et le dialogue progressent ensemble.