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Le 8 octobre 2018, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a publié un rapport spécial sur les conséquences d’un réchauffement planétaire de 1,5°C[1], majoritairement lié à l’augmentation des concentrations de Gaz à effet de serre (GES) qui résulte des émissions des activités humaines. Pour rappel, au niveau mondial, l’année 2016 a été l’année la plus chaude depuis 1850 avec une température moyenne supérieure de 1,1°C par rapport à la période pré-industrielle[2].

AtmoSud, collecte, traite, et analyse les émissions de GES régionales et plaide pour une approche intégrée pour répondre aux enjeux air/climat/énergie, étroitement liés. En effet, la production et la consommation d’énergie représentent une source non-négligeable d’émissions, et les actions prises pour réduire les émissions de GES aboutissent majoritairement à une réduction des émissions de polluants.

Ces éléments alimentent l’ORECA (Observatoire Régional Energie, Climat, Air).

1- Quelle situation à l’échelle régionale ?

La région Provence-Alpes-Côte d’Azur représente 10% des émissions nationales de GES.

Inventaire national des emissions GES
Inventaire régional des émissions
La comparaison des émissions de gaz à effet de serre par secteur d’activité fait apparaitre des spécificités régionales
​(source : Ministère de l’environnement, AtmoSud)

En Provence-Alpes-Côte d’Azur, les émissions de gaz à effet de serre sont imputables majoritairement au secteur de l’industrie manufacturière (31%), au secteur des transports (29%), et au secteur de la production d’énergie (23%).

« Ce fort poids de l’industrie, et notamment de la production d’énergie constitue une spécificité régionale par rapport à l’inventaire des émissions nationales. L’impact du secteur énergétique pèse fortement sur la variabilité des émissions de gaz à effet de serre d’une année sur l’autre en Provence-Alpes-Côte d’Azur. » précise Sylvain Mercier, ingénieur en charge de la thématique énergie-climat chez AtmoSud.

En 2016, la hausse des émissions de GES au niveau régional s’explique en très grande partie par la hausse de la consommation d’énergie primaire des centrales thermiques à gaz (+120% par rapport à 2015). 

Le faible poids du secteur résidentiel/tertiaire dans l’inventaire régional constitue une autre des spécificités locales, à mettre en relation avec un climat plus favorable induisant des émissions liées au chauffage moins importantes.

part des émissions GES par département en PACA

La part des émissions de GES est très différente selon le département

Le profil des émissions de GES présente une forte disparité départementale. Le département des Bouches-du-Rhône émet à lui seul 51% des émissions régionales de GES, en lien avec la forte activité industrielle sur son territoire. Dans les autres départements, le secteur des transports est le secteur le plus émetteur. Les territoires des Alpes de Haute Provence et des Hautes Alpes constituent à eux deux seulement 5% des émissions régionales. 

Les données air/climat/énergie sont disponibles en ligne via l’outil Cigale à l’adresse : http://cigale.airpaca.org/

​2 -  Evolution

A l’échelle nationale, les émissions territoriales de gaz à effet de serre en 2013 ont été inférieures de 11% à celles de 1990, tandis que l’empreinte carbone de la consommation des Français a été seulement stabilisée, à cause de la hausse concomitante des émissions associées aux importations. 

La France s’est fixée comme principaux objectifs de transition bas-carbone :
-          40% de réduction des émissions de GES d’ici 2030 (base 1990)
-          95% de réduction des émissions de GES d’ici 2050 (base 1990), « neutralité carbone »

 

Emissions GES au niveau national et en PACA

Les émissions de GES au niveau national et régional suivent une tendance baissière similaire, sauf depuis 2014 (Citepa, AtmoSud)

Les émissions des trois principaux gaz à effet de serre (CO2, CH4, N2O) en Provence-Alpes-Côte d’Azur ont diminué de 11% sur la période 2007-2016. Au niveau national, la baisse est de 14% sur la même période.

« Si on rapproche ce chiffre de l’évolution de la population sur le territoire régional, cela représente une évolution des émissions de 10,2 tonnes eqCO2/hab en 2007 à 8,9 tonnes eqCO2/hab en 2016. Cette évolution est encourageante mais ce chiffre reste supérieur à celui de l’inventaire national (6,6 tonnes eqCO2/hab en 2015[3]). » indique Sylvain Mercier, ingénieur en charge de la thématique énergie-climat chez AtmoSud.

La majeure partie de cette diminution est due aux effets conjugués des améliorations technologiques industrielles et aux impacts de la crise économique de 2008 sur l’activité économique. Depuis 2012, ces émissions montrent une stabilisation, en lien avec la reprise de l’activité sur le territoire. Cette tendance est comparable à celle observée sur le territoire national.

les grands secteurs d'activité des émissions de GES

Les grands secteurs d’activité ne montrent pas tous la même dynamique depuis 2007

Si l’on excepte la variabilité interannuelle des émissions de GES du secteur de la production d’énergie, la plupart des secteurs montre une baisse des émissions depuis 2007. Seul le secteur des transports montre une légère hausse des émissions, les améliorations technologiques des moteurs, moins émetteurs, ne compensent pas l’augmentation du trafic observé.

La région Provence-Alpes-Côte d’Azur, un hotspot particulièrement touché par le changement climatique

Il existe un groupe régional d’experts sur le climat en Provence-Alpes-Côte d’Azur (GREC-SUD) qui a vocation à centraliser, transcrire et partager la connaissance scientifique sur le climat et le changement climatique. Il est aujourd’hui largement reconnu que la Méditerranée est une des régions les plus vulnérables au changement climatique. Selon le GIEC, les travaux compilés dans un précédent rapport indiquent qu’une hausse des températures de 2 à 3°C est à prévoir en région méditerranéenne à l’horizon 2050, et de 3 à 5°C à l’horizon 2100. Les précipitations estivales pourraient diminuer de 35 % sur la rive sud et de 25 % sur la rive nord d’ici la fin du siècle.

La région Provence-Alpes-Côte d’Azur est déjà confrontée à d’importants problèmes de stress hydrique, de désertification, de pertes de biodiversité et d’évènements climatiques extrêmes tels qu’inondations et sécheresses. En cohérence avec l’augmentation des températures, le nombre de journée très chaudes croit également (jours avec température maximal supérieure à 30°C).

Conformément à l’accord de Paris de 2015, pour limiter l’ampleur du réchauffement climatique à 1,5°C, le GIEC indique que les émissions de dioxyde de carbone devraient être réduites d’environ 45% par rapport aux niveaux de 2010 d’ici à 2030.