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17 mars 2021
Etat des lieux qualité de l’air

Il y a un an, le premier confinement : quel impact sur la qualité de l’air ?

Masque Covid19 au bureau
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Afin de limiter la propagation du virus COVID-19, le gouvernement a mis en place en 2020 deux périodes de confinement sur le territoire français, puis un couvre-feu depuis le 16 décembre 2020, effectif entre 20h et 6h du matin. La mesure a été avancée à 18h sur l'ensemble de la France métropolitaine depuis le 16 janvier 2021.
Le premier confinement, strict au niveau des déplacements, a eu un fort impact positif sur la qualité de l'air. Le deuxième confinement a moins d’impact sur la pollution atmosphérique liée au trafic routier en région Sud. Le couvre-feu décale la pointe de pollution plus tôt dans la soirée que les années précédentes à la même période.

Un an après le 1er jour de confinement, AtmoSud zoome sur ces différentes périodes.

Confinement strict du 17 mars au 11 mai 2020 : une baisse remarquable de la pollution atmosphérique

Au cours du premier confinement, les restrictions de sorties (fermeture des écoles, télétravail...) ont un impact sur la qualité de l'air. Sur les stations « trafic » des principales agglomérations de la région, les concentrations en oxydes d’azote, traceurs du trafic routier, ont diminué : baisse de 60% par rapport aux années précédentes.

Au début du confinement, les niveaux de particules fines PM2.5, émises par le trafic, le secteur industriel et le chauffage au bois, ont augmenté sur l’ensemble des agglomérations des stations « urbaines ». Cette évolution est liée à la hausse de l'utilisation du chauffage au bois (plus de temps de présence à la maison) et aux conditions météorologiques. A partir de mi-avril, avec des températures en hausse et une baisse d'activité (trafic routier, chauffage au bois...), les concentrations en particules fines ont diminué sur l’ensemble des agglomérations : -40% sur les stations urbaines par rapport aux années précédentes.

Deuxième confinement du 30 octobre au 15 décembre 2020 : un impact moins marqué sur la qualité de l’air

Le trafic routier a moins baissé au cours de cette période car les établissements scolaires sont restés ouverts, ainsi que nombreux établissements recevant du public. Les concentrations en oxydes d’azote ont tout de même diminué de 25% sur les stations « trafic », par rapport aux années précédentes à la même période.

L’évolution des concentrations journalières de particules fines PM2.5 est similaire à celui du premier confinement : augmentation de 19% par rapport aux années précédentes à la même période. Les conditions météorologiques de ce deuxième confinement ne peuvent cette fois-ci pas réellement expliquer cette légère augmentation des particules fines. En revanche, la part de l’activité humaine confinée sur cette période peut être avancée : l’arrivée du froid a favorisé l’utilisation du chauffage domestique et le télétravail a également pu accentuer son utilisation.  

Couvre-feu de 18h à 6h du matin depuis le 16 janvier 2021

Du 16 janvier au 8 mars 2021, la pointe du soir de dioxyde d’azote, traceur du trafic routier, est observée plus tôt (19h) que les années précédentes sur la même période (20h). De plus, la valeur du « pic » est plus faible : 32 µg/m3/h en 2021 contre 45 µg/m3/h en moyenne pour les années 2018 à 2020 (sur la période du 16 janvier au 8 mars).

Évolution des NOx du 16 janvier au 8 mars 2021

Les moyennes journalières en oxydes d’azote n'ont pas fortement diminué, contrairement à la période du confinement. La baisse observée par rapport aux années passées peut être liée à différents facteurs : évolution du parc automobile, météorologie différente et une réduction du trafic routier (en lien avec le télétravail).

Les différentes formes de confinement, de restriction de l’activité et de la circulation ont montré in vivo l’impact positif d’une forte baisse du trafic routier sur la qualité de l’air. Ces contraintes ont aussi été l'occasion pour les collectivités, les entreprises et les citoyens d’envisager d’autres modes de déplacement, de nouvelles organisations, de nouveaux aménagements urbains pour respirer un air meilleur.