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Le média d’investigation en ligne proposait au public marseillais un débat sur la qualité de l’air le 20 octobre dernier. AtmoSud y a brossé les enjeux de la connaissance sur ce que nous respirons.

On focalise aujourd’hui sur le fait que la pollution industrielle baisserait globalement autour de l’Etang de Berre, parce que les seuils réglementaires sont mieux respectés que par le passé. Mais voilà, c’est plus compliqué ! Les niveaux baissent, mais nous ne savons pas assez si cela touche la diffusion des perturbateurs endocriniens, un phénomène dont ne se préoccupe pas encore la réglementation, mais qui implique beaucoup pour notre santé.

Les mots de Dominique Robin, invité au débat par le journal en ligne Médiapart, le 20 octobre dernier à Marseille-Friche de la Belle de Mai, résument la situation pour qui se préoccupe de la qualité de l’air provençal, de façon dynamique : plus on croit améliorer la situation, plus on découvre de nouveaux problèmes qui affectent notre santé.

La nécessité d’un réseau pérenne et doté de moyens pour la surveillance de la qualité de l’air était in fine réaffirmée à cette occasion. Ce réseau et les données qu’il produit ont permis à ce débat de s’asseoir sur de solides connaissances, et de prendre conscience des enjeux du futur proche.

« Nous vivons à Marseille dans la ville la plus embouteillée de France, mais ajoutez-y la pollution d’origine portuaire dont on découvre l’ampleur, et le mélange que produit l’apport de l’industrie de l’Etang de Berre » rebondit Richard Hardouin, président du Collectif Anti Nuisances L (du nom d’un projet de rocade marseillaise très contesté).

La complexité est le maître mot de qui cherche à alerter sur ce que nous respirons

Toutefois, les acteurs n’entendent pas se laisser paralyser par cette complexité, à l’image de Daniel Moutet, le président de Défense et Protection du Golfe de Fos. Il devait déposer plainte pour « mise en danger d’autrui » début novembre, ainsi que les propriétaires vivant près d’environnements industriels à Fos-sur-Mer.

Pour  cet acteur associatif, « les différentes collectivités ne peuvent indéfiniment dire « c’est l’autre ! ». Et en particulier, elles doivent s’intéresser au sort de populations qui vivent dans l’environnement d’usines qui diffusent annuellement chacune mille tonnes de composés organiques volatils » sur le territoire de la même commune de Fos. Or, il souligne un fait inquiétant, les pouvoirs publics sont éloignés : loin des yeux loin du cœur, en ce qui concerne l’Etat, selon lui : « les ministres ne nous répondent tout simplement pas ».

Le besoin d'amélioration des connaissances, notamment la relation air-santé

Localement un Institut Eco Citoyen accompagne ou suscite des études de mise en relation air-santé, mais, déplore sa représentante, Sylvaine Goix. Subventionnée anciennement par l’Agglomération Ouest-Provence, l’Institut a vu son aide sensiblement baisser.

« Les problèmes et leur connaissance fine, en particulier celle du phénomène de photochimie, la difficulté à comprendre la dispersion des polluants, et mille autres supposent » résume Dominique Robin, « que pour mieux connaitre et apporter les nécessaires réponses en termes de santé publique, tous nous soyons à bord. Car notre territoire a du retard » souligne-t-il.

Le mélange aérien de pollutions de toutes origines en des lieux et à des moments particuliers, la méconnaissance de nombreux phénomènes de pollution atmosphérique comme l’impact des pesticides agricoles, toutes choses qui réclament d’être étudiées avec des moyens humains comme financiers, supposeraient selon lui une implication de tous les acteurs, en particuliers publics.