Chronique
17 janvier 2017
Transports routiers
Etat des lieux qualité de l’air

Une pastille "Crit’Air" qui donne du cachet aux plans de déplacements des collectivités

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Crit’Air c’est un code de couleurs qui autorisera ou pas les véhicules à entrer dans les centres villes, les jours pollués, selon les mesures de circulation ou de stationnement que les collectivités auront décidé de mettre en place.

En Avignon on estime que ce dispositif doit s’intégrer dans une panoplie de mesures vertueuses. Roger Dupont-Durand a juste un petit crochet à faire au pressing avant de filer au boulot. Il quitte le périphérique et entre en ville. C’est l’affaire de deux minutes, pas plus. Ah ! Tiens, son smartphone affiche une alerte : « journée rouge, côté pollution de l’air ». Mince ! Sa pastille jaune ne lui permet pas de s’approcher du centre-ville…

Cela relève encore de la fiction, mais avec la mise en œuvre de circulations alternées et autres restrictions d’accès en ville, les pastilles « Crit’Air » sur votre auto, feront bientôt de vous un automobiliste pressé ou pas.

laetitia mary

« Evidemment, il n’y a encore que peu de villes qui restreignent la circulation », reconnait Laetitia Mary, ingénieur référent à Air PACA, « mais c’est une tendance qui s’affirmera, et nous connaissons déjà quelques collectivités qui pourraient s'engager dans la démarche dans le cadre de "Ville Respirable en 5 ans" comme Grand Avignon (84 et 30) et Pays de Lerins (06). »

Une batterie d’actions en faveur d’une déprise automobile

Crit’Air est un dispositif d’identification des véhicules plus ou moins polluants. Le ministère de l’Ecologie en a défini les fondements : avec quatre pastilles de couleurs, de l’orange (les plus polluants) au vert (les plus vertueux), l’accès aux zones de protection de l’air sera plus ou moins limité.

Le système sera basé sur le volontariat. Depuis le 1er juillet 2016 la plateforme https://www.certificat-air.gouv.fr/ permet à chacun (particuliers et professionnels) de commander sa vignette Crit’Air pour un coût d'environ 4 euro. Aujourd’hui le Ministère de l'Environnement, de l'Energie et de la Mer annonce que plus d’1 million de ces certificats ont déjà été commandés. Cet autocollant correspond à une classe de véhicule définie en fonction de ses émission de polluants atmosphériques et s’applique à tous types de véhicules routiers (véhicules particuliers, poids lourds, deux roues, etc.).

« Les cas de restriction sont encore assez rares. Pour l’heure, le dispositif est expérimenté dans deux agglomérations, Strasbourg et Grenoble, où les épisodes de pollution de l’air sont fréquents » souligne Laetitia Mary. « Après quoi, il pourra figurer dans la panoplie des politiques locales en faveur de la qualité de l’air ». Depuis le 16 janvier 2017, la Ville de Paris rend obligatoire les certificats Crit’Air sur sa zone à circulation restreinte.

« Il n’en sera en effet qu’un élément, que les élus du Grand Avignon envisagent d’adopter avec toute une batterie d’actions » confirme Gilbert Belles, le chargé de mission Environnement de l’agglomération de 182 000 habitants en 15 communes du Gard et du Vaucluse.

En effet, à mi-novembre 2015, le ministère de l’Ecologie a retenu le Grand Avignon et Pays de Lérins/Cannes, qui candidataient à l’appel à projets gouvernemental « Villes respirables dans cinq ans ».

« Le but de Villes respirables, c’est d’améliorer la qualité de l’air dans les centres villes. Et ces actions devront s’intégrer au Plan de Déplacements Urbains ».Ainsi, ces deux communes se sont engagées à mettre en place des zones à circulation restreinte.

Les Collectivités misent de plus en plus sur les modes doux de déplacements

L’enjeu, pour le Grand Avignon, c’est que « les gens lâchent le volant, et adoptent les modes doux de déplacement : notre « Balladine », un minibus électrique de centre-ville, y contribue,  comme les  deux parkings relais que nous avons ouverts en périphérie immédiate » relate Gilbert Belles, « ou nos vélos, à libre disposition des abonnés des transports collectifs ».

Air PACA, qui accompagne le Grand Avignon dans l’aide à la décision joue un rôle dans la prise de conscience des risques de pollution. L’association, a également mené avec les services de l’agglomération plusieurs études de terrain. « Elles nous ont aidé à la définition du PDU » témoigne Gilbert Belles.

« Le premier mérite de ce dispositif émergent, c’est encore qu’il ouvre la question de la qualité de l’air dans le débat citoyen », estime Laetitia Mary.

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Six pastilles de couleurs pour les différents niveaux d’autorisation de rouler en centre-ville les jours de pollution.