Bilan de la pollution par l'ozone en 2018

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La pollution photochimique en 2018 marque une rupture dans la tendance à la baisse de ces vingt dernières années : la chaleur qui a marqué l’été, ainsi que des émissions industrielles ponctuelles, ont entraîné une hausse du nombre de pics d’ozone.

La région Provence-Alpes-Côte d'Azur en première ligne des régions Françaises impactées

La pollution photochimique a besoin de deux éléments pour se former : des polluants précurseurs, oxydes d’azote et composés organiques volatils non méthaniques, et du rayonnement UV. La région Provence-Alpes-Côte d'Azur est à la fois une des régions les plus émettrices de France de précurseurs et la région la plus ensoleillée en France métropolitaine. Elle est donc particulièrement soumise à cette pollution. Ainsi, 57% de la population de la région habite dans une zone qui a dépassé la Valeur Cible Européenne pour la protection de la santé entre 2015 et 2017.

L’ozone peut être à l’origine de problèmes respiratoires et entraîner une mortalité prématurée. De plus, l’ozone est un gaz à effet de serre contribuant au réchauffement de l’atmosphère.

Cette pollution chronique touche toute la région. Les zones les plus concernées sont : le pourtour de l’étang de Berre, le bassin d’Aix-en-Provence, le nord-ouest varois, l’est du Lubéron et le sud-ouest des Alpes-de-Haute-Provence. C’est dans ces zones que se forment la majorité de l’ozone localement, sous les vents des centres d’émissions de polluants de Marseille et de la zone industrielle de Fos-Berre.

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Depuis 2010, selon les années, entre 39% et 90% de la population de la région vit dans une zone où cette valeur cible est dépassée. La ligne directrice de l’OMS (100 µg/m³ en moyenne sur 8h), elle, est dépassée sur toute la région y compris les années les plus favorables à une bonne qualité de l’air.

Une baisse du nombre d’épisode de pollution, avec un sursaut en 2018…

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En 2018, la région Provence-Alpes-Côte d'Azur a subi 30 jours de dépassements du seuil d’information-recommandations (180 µg/m³/h). Ce chiffre est en baisse depuis une vingtaine d’années, mais connait des variations, selon les années, liées à la météorologie. Les émissions des polluants précurseurs continuent à baisser dans la région depuis plus de 20 ans. Il y a une quinzaine d’années, la pollution locale habituelle seule pouvait entrainer des dépassements. Aujourd’hui, pour atteindre le seuil d’information-recommandations, il faut soit combiner la présence d’ozone formé localement et d’ozone importé des régions voisines, soit avoir une émission ponctuelle de polluants précurseurs par une activité industrielle.

En 2018, l’ensoleillement et la chaleur ont été particulièrement favorables à la photochimie, tandis que des dégagements de composés organiques volatils sur l’étang de Berre ont contribué à provoquer des pics d’ozone.

Le seuil d’alerte européen (240 µg/m³) a été dépassé une fois en 2018, le 5 août à Sausset-les-Pins (243 µg/m³).

 … mais une pollution chronique presque constante depuis 25 ans

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Le niveau de pollution chronique est également élevé en région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Mais contrairement aux pics, il n’y a qu’une faible tendance à l’amélioration : les concentrations moyennes stagnent quasiment depuis plus de 25 ans, au-dessus de la Valeur Cible Européenne pour la protection de la santé sur près de 90% du territoire régional.

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