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23 juin 2020
Etat des lieux qualité de l’air

Un mois après, bilan du confinement sur la qualité de l’air

A1 trafic routier Nice matin
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Afin de limiter la propagation du virus COVID-19, le gouvernement a mis en place des mesures de confinement sur le territoire français du 17 mars au 11 mai 2020. AtmoSud dresse un état des lieux pour mieux appréhender l’impact de cette mesure sur l’évolution de la qualité de l’air en Région Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Baisse inédite de la pollution liée au trafic routier pendant le confinement

Sur la période du 18 mars au 10 mai, le confinement et les restrictions de sorties ont engendré une baisse remarquable du trafic automobile. Les concentrations en oxydes d’azote, traceurs du trafic routier, ont baissé dès le début du confinement : environ 60% pour les stations « trafic » [1] et 50% pour les stations « fond urbain » [2], par rapport aux concentrations généralement observées les années précédentes à la même période.

Un retour progressif après le confinement

Du 11 mai au 7 juin, les concentrations d’oxydes d’azote ont augmenté, par rapport à la période de confinement, en moyenne de plus de 60% sur les stations « trafic » et d’environ 10% sur les stations « fond urbain ».

Cependant, malgré cette augmentation, les niveaux observés « après confinement » sont toujours globalement de près de 35% inférieurs à ceux observés les années précédentes.

Plusieurs éléments peuvent expliquer ces niveaux globalement plus faibles :

  • Toutes les activités n’ont pas encore complètement repris (retour progressif à l’école pour les enfants dans un premier temps sur le volontariat, réouverture plus tardive des bars, restaurants, prolongation du télétravail dans certaines entreprises …) malgré la fin « officielle » du confinement.

  • Certaines conditions météorologiques sont favorables à la dispersion des polluants : la première semaine du déconfinement, des précipitations importantes et continues ont été présentes sur l’ensemble de la région, permettant ainsi un « lessivage » de l’atmosphère en diminuant les concentrations des gaz et des particules.

Le graphique suivant compare l’évolution des concentrations en oxydes d’azote avant, pendant et après le confinement, pour l’année 2020 et la moyenne des trois années précédentes.

evolution_nox_trafic_region_confinement

Station trafic : Ces stations mesurent la pollution dans des lieux proches des voies de circulation (voies rapides, carrefours, routes nationales,...).

À noter que, de façon générale, les niveaux observés « avant confinement » (début mars 2020) étaient déjà globalement d’environ 25 % inférieurs à ceux observés les années précédentes.

Si l'on observe une forte diminution des oxydes d'azote (traceurs du trafic routier) au cours de l’intégralité du confinement, l’évolution des particules fines (émises par le secteur industriel, le chauffage et le trafic routier) est quant à elle plus spécifique.

Une augmentation inattendue des particules fines au début du confinement

Au début du confinement, du 17 mars au 17 avril, les particules fines étaient en hausse, principalement liées à la combustion du bois (chauffage au bois et brûlage de déchets verts). Elles ont par ailleurs été influencées par les conditions météorologiques, défavorables à la dispersion des polluants (peu de vent, stabilité atmosphérique, températures douces…).

De mi-avril et jusqu’à la fin du confinement, les concentrations de particules fines ont baissé sur l’ensemble de la région Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur, notamment en lien avec une baisse de l’utilisation du chauffage résidentiel et des précipitations qui ont lessivé l’atmosphère à partir du 19 avril. Les niveaux sont inférieurs d’environ 40% aux années précédentes.

Comme pour les oxydes d’azote, de façon générale, les niveaux observés « avant confinement » (début mars 2020) étaient déjà globalement plus de 30% inférieurs à ceux observés les années précédentes.

Un timide retour des particules fines

Depuis le 11 mai, les concentrations de particules fines ont légèrement augmenté, en lien avec la reprise progressive de l’activité aggravée par les phénomènes météorologiques. En plus des particules émises directement par l’activité, certaines particules, dites secondaires, sont formées par photochimie (transformation des gaz en particules sous l’effet de la chaleur et de l’ensoleillement). La météo a été conforme à la saison et a participé à la hausse de particules généralement observée au mois de mai.

Depuis le 22 mai, les concentrations de particules fines ont de nouveau baissé : tendance observée en cette période les années antérieures. Les niveaux restent toutefois 40% plus bas qu’historiquement.

Le graphique suivant compare l’évolution des concentrations en particules fines PM2.5 avant, pendant et après le confinement, pour l’année 2020 et la moyenne des trois années précédentes.

evolution_pm25_fond_region_confinement

Station de fond : ces stations ne sont pas directement influencées par une source locale identifiée. Elles permettent une mesure d'ambiance générale de la pollution urbaine, dite de fond, représentative d'un large secteur géographique autour d'elles.

Après le confinement, une évolution de la qualité de l’air différente selon les territoires

A Marseille (sur la majorité des stations de type « trafic » : Rabatau, A7, Jean Moulin), les oxydes d’azote retrouvent le niveau observé début mars 2020. La reprise de l’activité et du trafic routier sur ces grands axes de la ville est ainsi visible sur ces stations.

Sur les autres agglomérations (Aix-en-Provence, Nice, Gap, Toulon, Avignon), pour les 4 premières semaines de déconfinement, les concentrations moyennes observées sont toujours inférieures à celles de début mars 2020.

Aucune particularité n’est observée sur les territoires en ce qui concernent les particules fines PM2.5.

 

[1] Marseille/Rabatau, Marseille/Kaddouz, Marseille/Jean Moulin, Aix/Roy René, Toulon Foch, Gap/Jean Jaurès, Avignon/Semard et Nice/Promenade des anglais.

[2] Marseille/ Longchamp, Marseille/Saint-Louis, Aix/École d’Art, Toulon/Claret, Gap/Commanderie, Avignon/Mairie et Nice/Arson.