Alpes-Maritimes

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Entre littoral et montagne : une pollution contrastée

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Le département des Alpes-Maritimes, du fait de sa topographie partagée entre littoral et montagne, offre une répartition contrastée de la pollution.

Ainsi l’étroite zone côtière très urbanisée est soumise à une pollution urbaine générée majoritairement par les transports et le secteur résidentiel (utilisation du chauffage). L’activité industrielle contribue aussi à cette pollution. Le moyen et l’arrière-pays, espaces plus ruraux, sont moins concernés par cette pollution urbaine mais sont davantage exposés à une pollution photochimique.

Titre
Chiffres-clés

Chiffres
100
Suffixe
%
Texte
de la population réside dans une zone dépassant au moins une ligne directrice de l'OMS (LD 2021)
38
Suffixe
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Texte
des particules fines PM2.5 sont émises par les secteurs résidentiel & tertiaire (2019)
65
Suffixe
%
Texte
des oxydes d'azote sont émis par le transport routier (2019)
  • L'Organisation Mondiale de la Santé définit des lignes directrices relatives à la qualité de l'air qui sont périodiquement mises à jour. L'OMS évalue les effets de la pollution atmosphérique sur la santé et définit des valeurs seuils à ne pas dépasser pour chaque polluant pour préserver la santé de chacun.
     
  • AtmoSud développe depuis 2003 des inventaires territoriaux d’émissions de polluants atmosphériques et de gaz à effet de serre. Les inventaires permettent de cartographier la qualité de l’air et de caractériser au mieux les sources de pollution (trafic routier, industries, secteur tertiaire etc…) sur l’ensemble de la région Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur

Cartes annuelles

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L’exposition annuelle de la population aux polluants atmosphériques est représentée par le nouvel indicateur ICAIR365. Il remplace à partir de 2022 l'ancien Indice Synthétique de l'Air (ISA). Ce nouvel indicateur se base sur les nouvelles Lignes Directrices OMS de 2021. Il intègre les PM2.5 en plus des PM10, du NO₂ et de l’O₃. La méthode de calcul a été ajustée pour exprimer un « équivalent nombre de lignes directrices dépassées » : par exemple, une valeur de 3 peut signifier que les concentrations d’ozone et de PM2.5 sont chacune à 1.5 fois leurs lignes directrices respectives ou que les concentrations en ozone, en PM2.5 et en NO₂ sont chacune au niveau de leurs lignes directrices respectives. Petite précision : pour éviter les doubles comptes, seule la valeur maximale entre les PM10 et les PM2.5 est prise en compte (après normalisation par leur LD respectives).

En 2020, toute la population du territoire réside dans une zone dépassant la ligne directrice de l’OMS (Nouvelle LD OMS 2021) pour les particules fines PM2.5. L’étroite zone côtière très urbanisée est la plus exposée : une forte densité de population est concentrée autour des axes à fort trafic. Dans le reste du département, les sources d'émission de polluants sont plutôt d’origine résidentielle (chauffage, brûlage) ou industrielle, et c’est l'ozone (O3) qui reste le polluant le plus problématique.

Les Alpes-Maritimes offrent une diversité de reliefs et une répartition de la population très hétérogène : les populations qui vivent dans les centres urbains denses, surtout sur la frange littorale où se concentrent les grandes voies de circulation, sont exposées à une pollution liée au transport. La zone densément urbanisée de Nice-Cannes-Antibes-Grasse cumule des problématiques liées au secteur résidentiel/tertiaire (chauffage) et celles du trafic routier.

Durant la période estivale, l’ensemble du département est exposé à une pollution chronique à l’ozone, en lien avec l’ensemble des rejets du territoire et aux conditions météorologiques de fortes chaleurs présentes en été. Il ne faut pas non plus négliger les apports extérieurs (particules désertiques, ozone de l'est de la Région) combinés aux spécificités météorologiques du territoire qui entraine des variations d’exposition dans le temps.

Populations exposées au dépassement

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L'OMS a annoncé fin septembre de nouveaux seuils relatifs à la qualité de l'air pour protéger la santé des populations. Sur cette nouvelle base, et malgré l'amélioration de la qualité de l'air ces dernières années, toute la population de la région est concernée par le dépassement d'au moins une ligne directrice de l'OMS (principalement pour les PM2.5).

En ce qui concerne la valeur limite réglementaire pour le NO2, la tendance des populations exposées est en nette baisse alors que pour la valeur cible pour l'O3, cela dépend des années.

A noter: 2020 est une année particulière. En effet, la crise sanitaire a entraîné une réduction des activités qui a favorisé une amélioration de la qualité de l'air et une diminution significative des populations exposées à la pollution.

Concentrations annuelles aux stations de mesure

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La qualité de l’air s’améliore pour la plupart des polluants réglementés dans les Alpes-Maritimes, comme au niveau régional et national. Les améliorations technologiques dans les transports et l’industrie, mais aussi les actions locales et les évolutions de pratiques, contribuent à l’amélioration de la qualité de l’air depuis plusieurs décennies. L’ozone reste relativement stable mais les concentrations montrent toutefois une dégradation lente au fil des ans. Une amélioration de la pollution de pointe (épisodes) est toutefois constatée. Parmi les précurseurs de l’ozone, on retrouve les polluants d’origine industrielle et automobile mais aussi certains composés issus de la végétation.

Dans les Alpes-Maritimes depuis 2000, les niveaux de dioxyde d'azote ont baissé de 47 % et les niveaux de particules fines PM10 d'environ 60 %.


Des stations de mesure pour informer, prévoir et agir 24h/24, 7j/7.

AtmoSud déploie sur le territoire des Alpes-Maritimes un dispositif de surveillance continue de l’air réparti sur 12 stations. Ce matériel permet de mesurer le niveau en particules fines (PM10, PM2.5, PM1, métaux), en ozone (O3) et en oxydes d’azote (NOx).

Consulter l’ensemble des stations de surveillance des Alpes Maritimes

Émissions des principaux secteurs d'activité sur le département

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(*) Dernière année d'inventaire disponible : 2019

En 2019, les émissions de particules fines dans les Alpes-Maritimes représentent 14% des émissions régionales.

La pollution, liée à l’urbanisation dense, provient essentiellement des transports routiers qui émettent 65% des NOx (oxyde d’azote) du département.

A cette pollution, vient s’ajouter celle des particules fines émises par le secteur résidentiel (utilisation du chauffage en hiver, brûlages), les transports routiers et l’activité industrielle comme dans les vallées des Paillons ou sur le Pays de Grasse.

Les actions

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Bien que les secteurs les plus émetteurs, à savoir le transport routier et le résidentiel, sont les enjeux prépondérants du territoire, il existe des problématiques locales dont les émissions et les nuisances impactent les riverains immédiatement :

  • Le transport aérien
  • Le transport portuaire
  • Les brûlages de déchets verts
  • Les industries et carrières (19% des émissions de particules fines , nuisances olfactives)

Les choix en matière d’urbanisme, de déplacements, d’énergie, d’agriculture et de gestion des déchets ont un impact sur les émissions et concentrations de polluants et de GES.

Pour améliorer durablement la qualité de l’air, différentes mesures sont mises en œuvre à l’échelle du département :

Depuis 2007 et dans une démarche participative, le préfet des Alpes-Maritimes réalise des plans d’actions renouvelés tous les 5 ans dans l’objectif d’améliorer la qualité de l’air. Le PPA 06 - horizon 2025 se décline en différentes actions dans tous les secteurs émetteurs de polluants atmosphériques. Il prend en compte les démarches de planification et les programmes d’actions engagés par les collectivités ainsi que des actions portées par les acteurs locaux.

Bien que relativement peu présent dans le département, des dispositions sont prises par les industriels dans le cadre de prescriptions qui leur sont imposées par le Préfet au titre de la réglementation ICPE (Installations Classées pour la Protection de l’Environnement).

Pour réduire l’impact des transports sur la qualité de l’air, La Métropole Nice Côte d’Azur met en place des actions concrètes comme la création des lignes de tramway, l’électrification des flottes de bus, le développement de pistes cyclables, la végétalisation de plusieurs voies de circulations, etc. Elle continue sa réflexion et la planification d’autres actions pour aller plus loin avec le plan climat (PCAET 2019-2025) pour atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050, la mise en place d’une ZFE-m (Zone à Faible émission mobilité) pour améliorer la qualité de l’air dans l’hypercentre de Nice où se trouve les populations les plus exposées au dépassement de valeur règlementaires pour le dioxyde d’azote.

Les transports aériens et maritimes sont des problématiques locales dont les émissions et les nuisances impactent les riverains immédiats. AtmoSud suit l’évolution de la qualité de l’air sur les aéroports du département en partenariat avec la SAACA, avec notamment des mesures de particules ultrafines en nombre sur l’aéroport de Nice en 2020 qui ont été ajoutées au dispositif de mesure déjà en place depuis 2005. En partenariat avec la CCI et la Métropole NCA, AtmoSud suit la qualité de l’air sur le port de Nice et a réalisé une étude en 2019 pour évaluer l’impact de l’activité maritime sur les riverains.