Energie et climat : état des lieux des Hautes-Alpes

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Dans le département des Hautes-Alpes comme sur l’ensemble de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, les questions relatives à l’énergie et au climat se posent avec une grande acuité. En effet, la qualité de l’air du territoire et la lutte contre le changement climatique dépendent des actions à mener en termes de sobriété énergétique et de baisse des émissions de gaz à effet de serre. Les actions de réduction des émissions polluantes peuvent être à la fois bénéfiques pour la santé des populations et pour l’environnement et le climat, à condition que les deux sujets soient abordés simultanément. C'est pourquoi, le renforcement de l’action dans le cadre de l’ORECA (Observatoire Régional Energie, Climat, Air) contribue à l’action d’AtmoSud. La prise en compte des aspects Gaz à effet de serre et Energie dans les bilans réalisés sur la qualité de l’air permet de rapprocher les thématiques abordées dans le cadre des études. Les thématiques Energie et Evolution du climat sont soutenues au travers de la participation aux plans locaux et régionaux (SRCAE, PCAET) mais également hors de ces champs relevant strictement d’actions gouvernementales.

La région Provence-Alpes-Côte d'Azur, un hot spot du changement climatique

Il est aujourd’hui largement reconnu que la Méditerranée est une des régions les plus vulnérables au changement climatique. Selon le GIEC une hausse des températures de 2 à 3°C est à prévoir en région méditerranéenne à l’horizon 2050, et de 3 à 5°C à l’horizon 2100. Les précipitations estivales pourraient diminuer de 35 % sur la rive sud et de 25 % sur la rive nord d’ici la fin du siècle.

Températures à Embrun en 2017

Températures à Embrun en 2017 et comparaison à la normale

La région Provence-Alpes-Côte d'Azur est déjà confrontée à d’importants problèmes de stress hydrique, de désertification, de pertes de biodiversité et d’évènements climatiques extrêmes tels qu’inondations et sécheresses. En cohérence avec l’augmentation des températures, le nombre de journée très chaudes croit également (jours avec température maximal supérieure à 30°C).

Ce phénomène climatique global est aggravé par l’augmentation des gaz à effet de serre dans l’atmosphère et notamment le CO2 qui piège le rayonnement solaire reçu par la planète, provoquant une hausse des températures.

Précipitations à Embrun en 2017

Précipitations à Embrun en 2017 et comparaison à la normale

Les Hautes-Alpes participent peu au changement climatique. En effet,  les activités humaines (chauffages, transport, industrie, agriculture…) contribuent à environ 3%  des GES émis en Provence-Alpes-Côte d'Azur. Cependant, les actions des collectivités et des citoyens doivent se poursuivre pour maintenir cette situation.

 

L’énergie au centre des préoccupations

Les actions prises pour réduire les émissions de GES aboutissent majoritairement à une réduction des émissions de polluants. La production et la consommation d’énergie représente une source non-négligeable d’émissions.

En 2015, la consommation énergétique dans les Hautes-Alpes représente 3% (333.3 ktep) de la consommation régionale (12074 ktep). Elle est majoritairement liée au secteur résidentiel/tertiaire et au transport routier. 

Consommation finale d'énergie en 2015 dans les Hautes-Alpes

Consommation finale d'énergie dans les Hautes-Alpes en 2015

 

Emissions de GES en 2015 dans les Hautes-Alpes

Emissions de gaz à effet de serre dans les Hautes-Alpes en 2015

La production d’énergie "primaire" sur les Hautes-Alpes, s’élève à 614 GWh/an, soit 3% de l’énergie produite en Provence-Alpes-Côte d'Azur (20716 GWh). Cette production est d’origine électrique essentiellement, mais également fournie par le thermique.

Energies renouvelables : production importante d'énergie solaire dans le département

L’emploi des énergies renouvelables est encouragé. Les installations sans combustion comme les pompes à chaleur géothermiques, le puits canadien… émettent peu de polluants atmosphériques. Le bois-énergie a aussi plusieurs atouts : la combustion de la biomasse présente un bon bilan carbone, c’est une énergie exploitable en Provence-Alpes-Côte d'Azur. Cependant, en brûlant, elle dégrade la qualité de l’air en émettant des particules fines, des oxydes d’azote et des hydrocarbures aromatiques polycycliques. Le choix de cette énergie comme le type de chaufferie nécessite une étude approfondie.

Avec ses 100 000 panneaux, répartis sur 10 ha et pouvant produire l'équivalent de la consommation annuelle de 10 500 foyers, le parc photovoltaïque de Curbans, dans la communauté d'agglomération de Gap-Tallard-Durance, est l'une des plus grandes centrales photovoltaïques de France. Elle permet d'économiser 90 000 tonnes de CO2 par an.