Qualité de l'air et tendance des Alpes de Haute-Provence

Retour à la fiche bilan
photo_paysage_lavande.jpg
Partager :

La population est-elle exposée à la pollution dans les Alpes de Haute-Provence ?

En 2017, les territoires alpins (Alpes de Hautes-Provence et Hautes-Alpes) restent peu concernés par le dépassement des valeurs limites pour les polluants réglementés (dioxyde d’azote et particules fines).

Pour le dioxyde d'azote :

Depuis 2010, les concentrations annuelles en dioxyde d’azote sont plutôt stables sur les départements alpins : autour de 10 µg/m3 en zone urbaine à Manosque, 20 µg/m3 en zone urbaine à Gap et peuvent aller jusqu'à 30 µg/m3 en proximité du trafic routier. Elles restent en deçà de la valeur imite réglementaire fixée à 40 µg/m3/an.

Moins de 500 personnes étaient encore exposées au dépassement des valeurs limites en dioxyde d’azote en 2010.

En 2017, on estime que la population des territoires alpins n’est plus concernée par le dépassement des valeurs limites en dioxyde d’azote.

niveau_de_dioxydes_dazote_en_2017.jpg

Evolution de la population exposée au dépassement de la valeur limite annuelle en dioxyde d’azote en Provence-Alpes-Côte d’Azur

Pour les particules fines :

Dans les départements alpins, aucun habitant n’est exposé au dépassement de la valeur limite pour les particules fines PM10 en 2017. Cependant, les niveaux relevés sont supérieurs aux recommandations de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) par endroit.

En 2017, on estime que près de 3 000 personnes, principalement à Gap et Manosque, vivent dans une zone en dépassement du seuil OMS (près de 1 % en 2017 contre plus de 40 % en 2010 sur le territoire alpin).

Dans les départements 04 et 05, les particules fines sont issues principalement du secteur résidentiel, pour 42 % (chauffage domestique, notamment au bois - source CIGALE 2015 version 2017).

pm10_84_2017.png

Habitants exposés (en pourcentage) au dépassement du seuil OMS (Ligne Directrice - LD) pour les particules fines PM10

Pour l'ozone :

Pour ce polluant, issu de réactions photochimiques entre les polluants sous l’effet du rayonnement solaire, on estime que près de 200 000 personnes des départements alpins vivent dans une zone en dépassement de cette valeur cible (plus de 65 % en 2017 pour plus de 60 % en 2010 - pas de tendance spécifique pour ce polluant, les variations dépendent de la météorologie estivale).

Toute la population du département des Alpes de Haute-Provence est concernée et moins d’un tiers de la population des Hautes-Alpes.

Parmi les précurseurs de l’ozone on retrouve les polluants d’origine industrielle et automobile mais aussi certains composés issus de la végétation.

A SAVOIR : Comprendre les normes européennes et sanitaires

La directive « Clean Air For Europe » - 2008 dicte les normes réglementaires européennes à respecter pour les polluants réglementés.

 

dioxyde d’azote (NO2)

particules fines PM10

ozone (O3)

normes

valeur limite

valeur limite

valeur cible

année application

2010

2005

2010

valeurs réglementaires

40 µg/m3 en moyenne annuelle

50 µg/m3/j à ne pas dépasser plus de 35 jours par an

et 40 µg/m3/an

120 µg/m3/8h à ne pas dépasser plus de 25 jours par an, en moyenne sur 3 ans

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) recommande des niveaux d'exposition au-dessous desquels il n'a pas été observé d'effets nuisibles sur la santé humaine ou sur la végétation. Les lignes directrices de l’OMS fixent la valeur annuelle en particules fines PM10 à 20 µg/m3.

Les zones à enjeux sur le territoire

Le département des Alpes de Haute-Provence possède une sensibilité particulière par le nombre de zones protégées qu’il comporte :

• Parc National du Queyras à l’est,
• Parcs Naturels Régionaux du Verdon et du Lubéron au sud,
• Réserve géologique de Haute-Provence au centre.

La qualité de son air doit être protégée et valorisée en lien avec le tourisme vert. 

Cependant, les Alpes de Haute-Provence restent impactées par la pollution chronique.

180717_04_isa_2017.jpg

La partie sud-ouest du département et la vallée de la Durance rassemblent des zones urbaines, activités agricoles et industrielles, axes routiers et autoroutiers, sources de pollution atmosphériques.

Durant la période estivale, l’ensemble du territoire est exposé à une pollution chronique à l’ozone, en lien avec l’ensemble des rejets de ce territoire et avec les conditions météorologiques estivales. Les masses d'air polluées à l'ozone créées dans les Bouches-du-Rhône se déplacent vers les Alpes de Haute-Provence vi la vallée de la Durance.

La problématique des nuisances est relativement présente dans ce territoire en lien notamment avec le brûlage des déchets verts.

Quels sont les principaux secteurs émetteurs ?

Emissions de PM10 en 2015 dans les Alpes de Haute-Provence

Emissions de PM10 en 2015 dans les Alpes de Haute-Provence

Ce département contribue peu aux émissions de polluants de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Les Alpes de Haute-Provence comptent par exemple 6 % des émissions régionales pour les particules fines PM10, issus principalement du secteur résidentiel/tertiaire.

Le secteur « résidentiel/tertiaire » est la principale source d’émissions pour la plupart des polluants inventoriés. Ce secteur recouvre les consommations énergétiques et les émissions atmosphériques qui leur sont associées (chauffage des particuliers mais également pour les usages de cuisson, eau chaude sanitaire, et électricité spécifique).

Chauffage au bois : Les émissions issues de la combustion du bois sont dépendantes de la consommation de bois mais surtout du type d’appareil de chauffage au bois, du type de combustible (bûche, granulés, plaquettes…) et de leur qualité. Pour prendre en compte leurs différents impacts sur les émissions atmosphériques, un parc communal d’appareil de chauffage au bois est estimé.

Consulter Cigale : l'inventaire des émissions en PACA.