Qualité de l'air et tendance des Hautes-Alpes

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photo chauffage au bois
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La population est-elle exposée à la pollution dans les Hautes-Alpes ?

En 2018, les territoires alpins (Hautes-Alpes et Alpes de Hautes-Provence) restent peu concernés par le dépassement des valeurs limites pour les polluants réglementés (dioxyde d’azote et particules fines).

Pour le dioxyde d'azote :

Depuis 2010, les concentrations annuelles en dioxyde d’azote sont plutôt stables sur les départements alpins : autour de 10 µg/m3 en zone urbaine à Manosque, 20 µg/m3 en zone urbaine à Gap et peuvent aller jusqu'à 30 µg/m3 en proximité du trafic routier à Gap. Elles restent en deçà de la valeur imite réglementaire fixée à 40 µg/m3/an.

Moins de 500 personnes étaient encore exposées au dépassement des valeurs limites en dioxyde d’azote en 2010.

En 2017, on estime que la population des territoires alpins n’est plus concernée par le dépassement des valeurs limites en dioxyde d’azote.

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Evolution de la population exposée au dépassement de la valeur limite annuelle en dioxyde d’azote en Provence-Alpes-Côte d’Azur

Pour les particules fines :

Dans les départements alpins, aucun habitant n’est exposé au dépassement de la valeur limite pour les particules fines PM10 en 2017. Cependant, les niveaux relevés sont supérieurs aux recommandations de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) par endroit.

En 2017, on estime que près de 3 000 personnes, principalement à Gap et Manosque, vivent dans une zone en dépassement du seuil OMS (près de 1 % en 2017 contre plus de 40 % en 2010 sur le territoire alpin).

Dans les départements 04 et 05, les particules fines sont issues principalement du secteur résidentiel, pour 42 % (chauffage domestique, notamment au bois - source CIGALE 2015 version 2017).

pm10_84_2017.png

Habitants exposés (en pourcentage) au dépassement du seuil OMS (Ligne Directrice - LD) pour les particules fines PM10

Pour l'ozone :

Pour ce polluant, issu de réactions photochimiques entre les polluants sous l’effet du rayonnement solaire, on estime que près de 200 000 personnes des départements alpins vivent dans une zone en dépassement de cette valeur cible (plus de 65 % en 2017 pour plus de 60 % en 2010 - pas de tendance spécifique pour ce polluant, les variations dépendent de la météorologie estivale).

Toute la population du département des Alpes de Haute-Provence est concernée et moins d’un tiers de la population des Hautes-Alpes.

Parmi les précurseurs de l’ozone on retrouve les polluants d’origine industrielle et automobile mais aussi certains composés issus de la végétation.

A SAVOIR : Comprendre les normes européennes et sanitaires

La directive « Clean Air For Europe » - 2008 dicte les normes réglementaires européennes à respecter pour les polluants réglementés.

 

dioxyde d’azote (NO2)

particules fines PM10

ozone (O3)

normes

valeur limite

valeur limite

valeur cible

année application

2010

2005

2010

valeurs réglementaires

40 µg/m3 en moyenne annuelle

50 µg/m3/j à ne pas dépasser plus de 35 jours par an

et 40 µg/m3/an

120 µg/m3/8h à ne pas dépasser plus de 25 jours par an, en moyenne sur 3 ans

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) recommande des niveaux d'exposition au-dessous desquels il n'a pas été observé d'effets nuisibles sur la santé humaine ou sur la végétation. Les lignes directrices de l’OMS fixent la valeur annuelle en particules fines PM10 à 20 µg/m3.

Les zones à enjeux sur le territoire

180717_05_isa_2017.jpg

Dans les Hautes-Alpes, les zones urbanisées sont peu nombreuses et peu denses, les activités industrielles émettrices de polluants atmosphériques sont faibles. L’essentiel de ce territoire se compose d’espaces naturels dont une grande partie est protégée.

La pollution atmosphérique du département est souvent liée à des transports de polluants venant des territoires limitrophes (Italie, région Auvergne-Rhône-Alpes) plus qu’à la production de polluants primaires locaux.

Gap, la zone la plus urbanisée du département cumule des problématiques liées au secteur résidentiel/tertiaire (chauffage) et celles du trafic routier.

Une pollution photochimique peut apparaître lors de périodes estivales chaudes. Des épisodes de pollution à l’ozone ont déjà été observés à proximité des cols frontaliers (briançonnais), épisodes qui se manifestent en présence de vent de « Lombarde ».   

Les zones rurales et périurbaines sont les plus exposées à la pollution chronique à l’ozone. En centre-ville, les autres polluants présents dans l’air ambiant (dioxyde d’azote notamment) entraînent la consommation de l’ozone. Peu de polluants précurseurs de l’ozone sont émis sur le département, mais des transferts de masses d’air pollué depuis les régions voisines (côté italien par le Briançonnais, côté sud du département par le Val de Durance) peuvent engendrer une hausse des teneurs, avec des maxima atteints en fin de journée l'été.

Cartes ISA des Hautes-Alpes de 2013 à 2016

Cartes d'exposition de la population aux différents polluants (NO2, PM10, O3)en 2013, 2014, 2015 et 2016

Ces cartes synthétiques qualifient les zones ayant un niveau d’exposition à ces polluants (NO2, PM10, O3) plus ou moins élevés. Quelle que soit l’année, le principal enjeu de qualité de l’air dans le département est situé en proximité des axes routiers à fort trafic.

Sur les centres urbains, l’indice d’exposition oscille selon les années. L’évolution des émissions locales (résidentiel/trafic), les apports extérieurs (particules désertiques, ozone du sud de la Région) combinés aux spécificités météorologiques de chaque année conduisent à ces variations.

Quels sont les principaux secteurs émetteurs ?

Ce département contribue peu aux émissions de polluants de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Les Hautes-Alpes comptent par exemple 5 % des émissions régionales pour les particules fines PM10, issus principalement du secteur résidentiel/tertiaire.

Emissions de PM10 en 2015 dans les Hautes-Alpes

Emissions de particules fines PM10 en 2015 dans les Hautes-Alpes

Le secteur « résidentiel/tertiaire » est la principale source d’émissions pour la plupart des polluants inventoriés.

Le secteur résidentiel/tertiaire recouvre les consommations énergétiques, et les émissions atmosphériques qui leur sont associées, des particuliers pour leur chauffage mais également pour les usages de cuisson, eau chaude sanitaire, et électricité spécifique.

Chauffage au bois : Les émissions issues de la combustion du bois sont dépendantes de la consommation de bois mais surtout du type d’appareil de chauffage au bois, du type de combustible (bûche, granulés, plaquettes…) et de leur qualité. Pour prendre en compte leurs différents impacts sur les émissions atmosphériques, un parc communal d’appareil de chauffage au bois est estimé.

Consulter Cigale : l'inventaire des émissions en Provence-Alpes-Côte d'Azur.