Le constat de l'observatoire sur les particules

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Publié le 16 janvier 2024

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Les sources de particules fines sont nombreuses en région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Nous les retrouvons partout, même dans les territoires les plus préservés de notre région. Leur taille et leur composition varient en fonction de leurs sources et de leur histoire.

Les particules atmosphériques regroupent l’ensemble de la matière particulaire en suspension dans l’atmosphère. Leurs tailles varient de quelques nanomètres pour les plus petites, appelées particules ultrafines, à plusieurs microns pour les plus grosses, appelées particules fines.

  • Les PM10 ont un diamètre inférieur à 10 micromètres, elles sont dites « respirables » car elles pénètrent dans les bronches.
  • Les PM2.5 ont un diamètre inférieur à 2,5 micromètres, appelées « particules fines ».
  • Les PUF ont un diamètre inférieur à 0,1 micromètres, appelées « particules ultrafines ».
tableau de représentation des particules fines

Les fractions les plus grossières se déposent directement dans les voies respiratoires supérieures. En revanche, les particules les plus fines atteignent les voies inférieures et, les ultrafines, peuvent même pénétrer la circulation sanguine, circulant alors dans tout l'organisme.

La composition chimique des particules est également une caractéristique essentielle. Dans la plupart des cas, elles se composent d’un noyau élémentaire, pouvant être carboné, d’une taille nanométrique, sur lequel peuvent se fixer des composés de natures diverses : matière organique, hydrocarbures aromatiques polycycliques, sulfates, métaux, allergènes biologiques… Les particules participent ainsi à l’entrée de molécules toxiques en profondeur dans notre organisme.

Le trafic routier, le chauffage, la combustion de matières fossiles, l’incinération de déchets, les procédés industriels (carrière, cimenterie, aciérie, fonderie, chimie fine…) génèrent d’importantes quantités de poussières.  Elles peuvent être également d'origine naturelle (feux de forêts, poussières sahariennes, éruptions volcaniques, pollens…).

Le chauffage, principale source d'émission de particules fines PM2.5

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Depuis 2012, les émissions de particules fines PM2.5 ont diminué de 11% dans la région (source : CIGALE). Pour rester sur la trajectoire des objectifs fixés par le schéma régional d'aménagement, de développement durable et d'égalité des territoires (SRADDET), l’évolution des émissions devrait être de -40% pour les particules fines PM2.5.

Le principal émetteur de particules fines PM2.5 en région Sud est le secteur résidentiel, comprenant le chauffage au bois, avec 45% des émissions. Sur les 10 dernières années, les émissions de ce secteur ont connu une hausse de près de 50%. Cette tendance s’explique par le développement de la filière bois-énergie, considéré comme une énergie renouvelable neutre pour le climat.

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émission PM2.5 - PACA - 2021

Niveaux de particules en baisse dans la région

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Les concentrations en particules fines PM2.5 ont diminué de près de 60% sur les 20 dernières années. Cette tendance à la baisse est attribuée à la réduction des émissions dans les grands secteurs d’activité humaine (source : CIGALE). Cette tendance à la baisse résulte de l’évolution de la réglementation ainsi que des plans et programmes déployés dans les territoires.

Les seuils réglementaires fixés par l’Union Européenne pour les particules fines PM10 et PM2.5 sont respectés en 2022. Néanmoins, les lignes directrices de l’OMS ainsi que les futures valeurs réglementaires potentielles à respecter en 2030 (seuils encore en cours de discussion à l’échelle Européenne) pour les particules fines sont dépassées sur de larges portions du territoire. En 2022, 92% de la population régionale restait exposée au dépassement de la ligne directrice de l’OMS pour les particules fines PM10. Le pourcentage atteint 100% pour les particules fines PM2.5.

Ces chiffres démontrent que les enjeux de la qualité de l’air concernent tous les territoires, même ceux que l’on pouvait penser préservés de la pollution atmosphérique, comme les territoires alpins.

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évolution concentrations particules fines en Paca de 2000 à 2022

Les zones à enjeux en région Provence-Alpes-Côte d'Azur

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carte PACA 2022 PM2.5
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légende carte PACA PM2.5 2022

Les zones urbaines, industrielles et à fort trafic routier sont plus impactées par les pollutions aux particules fines PM10 et PM2.5.

Même dans les territoires ruraux de notre région, loin des grandes sources d’émissions, les concentrations en particules fines sont au-dessus de la ligne directrice (LD) de l’OMS, fixée à  5 µg/m3 pour les PM2.5.

Une campagne de mesure des particules dans les Alpes

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Pour préciser les concentrations en particules fines dans les territoires alpins et analyser leurs dynamiques afin d’agir efficacement, 10 sites de mesure ont été équipés en 2023. Ces sites mesurent les particules fines PM2.5 et sont répartis comme suit : 5 centres-villes, 3 zones rurales, 1 proximité au trafic routier et 1 zone touristique, tous situés dans des vallées habitées des Hautes-Alpes. Ce dispositif est complété par une station de référence installée à Briançon (PM10, PM2.5, O3 et NOx) et deux stations de références présentes à Gap (particules fines PM10 et PM2.5, ozone (O3), oxydes d'azote (NOx), black carbon (BC), hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP)).

Les données sont accessibles en ligne ici.

station Briançon - juin 2023

Pour aller plus loin : https://www.atmosud.org/etude/campagne-de-surveillance-2023-dans-la-vallee-de-la-durance 

  • Déterminer l’exposition en particules fines des populations
  • Observer d’éventuelles différences notables dans le territoire
  • Étudier les effets de vallée (fond de vallée / altitude /encaissement / inversion thermique)
  • Connaître les contributions liées aux chauffages (au bois notamment)
  • Examiner les cycles saisonniers
  • Mesurer l’incidence des flux touristiques en hiver, en été.
  • Améliorer les restitutions cartographiques de particules fines dans ces zones

Le réseau de mesure des particules ultrafines (PUF) dans la région

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AtmoSud a été un des premiers observatoires à intégrer la mesure des particules ultrafines dans son dispositif de surveillance. Grâce au soutien de ses adhérents, le réseau de mesure régional dispose aujourd’hui de 8 stations pour caractériser l'ensemble des sources émettrices de PUF, positionnées à divers emplacements stratégiques :

  • Observatoire de Haute-Provence en zone rurale
  • Marseille/Longchamp et Nice/Arson en zone urbaine
  • Marseille/Rabatau à proximité du trafic routier
  • Nice/Aéroport à proximité du trafic aérien
  • Fos/Les Carabins, Port-de-Bouc/La Lèque, Rognac/Les Barjaquets en zone industrielle

Ce réseau de mesures se renforcera au cours de l’année 2024, avec notamment la mise place de stations de surveillance en proximité de zones portuaires.

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Les particules ultrafines en proximité de la plateforme aéroportuaire de Nice

Les concentrations en particules ultrafines (PUF) présentent une différence significative entre les niveaux observés sur le site de l’aéroport et ceux observés sur le site urbain de Nice. Le lien entre le nombre de mouvements des avions et les variations des concentrations des particules ultrafines a pu être étudié précisément lors des périodes de confinement. Ainsi, les augmentations des concentrations en PUF se produisent sous les vents de l’aéroport, lors des mouvements des avions. Ces résultats confirment ceux obtenus par d’autres études nationales et internationales, mettant en corrélation les heures de pointes du trafic aérien et les concentrations élevées en PUF.

En savoir plus, consultez le résumé du webinaire "qualité de l'air & trafic aérien".

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mesures PUF aéroport Nice - 2023