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12 février 2018
Transports maritime, aérien et ferroviaire

Réaménagement du terminal du Cap Janet : quel impact pour les riverains ?

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Pour rediriger le trafic issu des ferrys et bateaux de croisières des bassins de la Joliette, le Grand Port Maritime de Marseille (GPMM) a pour projet de réaménager le terminal existant du Cap Janet. Cette modification du trafic maritime et routier impactera-t-elle la qualité de l’air dans ces secteurs ? AtmoSud a analysé la qualité de l’air avant le projet d’aménagement et produit des scénarios afin d’évaluer les impacts pour les riverains. 

L’étude Cap Janet s’inscrit dans le programme de surveillance de la qualité de l’air des ports d’AtmoSud

Afin d’éclairer des solutions pour améliorer la qualité de l’air, que ce soit à l’échelle d’une zone maritime, d’une ville ou d’un quartier, AtmoSud déploie un programme de surveillance des ports de Marseille, Toulon et Nice.  De manière à répondre au plus près aux attentes, ce programme associe les acteurs locaux et les riverains, notamment à travers leurs représentants associatifs.

Mesures de la qualité de l’air : avant réaménagement, les valeurs les plus hautes sont liées aux grands axes routiers

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Une station de mesure a été installée début août 2017 près du Cap Janet à proximité d’un collège, là où la population est directement exposée.

Polluants analysés : dioxyde d’azote (NOx), particules fines (PM10) et dioxyde de soufre (SO2), 1,3 Butadiène, Aldéhydes, Benzène Toluène, Ethylbenzène, Xylènes (BTEX), métaux lourds et Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques (HAP).

L’état initial de la qualité de l’air dans les secteurs du Cap Janet et de la Joliette, montre des valeurs de polluants comparables au reste du territoire marseillais.

 

Les plus forts niveaux atteints sont en lien avec les grands axes routiers qui desservent la ville.

Les niveaux observés dans le domaine du GPMM, ainsi qu’en bordure, respectent les seuils réglementaires en air ambiant pour les particules (PM10) et le dioxyde de soufre (SO2). Les niveaux de NO2 dépassent ces seuils dans des zones urbanisées à proximité du Cap Janet et de la Joliette qui sont sous influence directe du trafic routier de Marseille.

​L'activité portuaire et les rejets des navires participent à la pollution de fond des quartiers proches du Cap Janet, de la Joliette et de la ville

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Localisation de la campagne Marseille Mourepiane

AtmoSud a complété cette analyse issue de l’étude du Cap Janet, par une seconde campagne de mesures réalisée à Marseille Mourepiane pendant l’été 2018.

Le site (carte ci-contre) a été choisi en concertation avec la collectivité et les habitants. L’objectif de l’étude était de documenter les niveaux d’exposition des populations riveraines, et d’évaluer la contribution des différentes sources émettrices, dont celle de l’activité maritime et portuaire, en pollution de fond et de pointe.

Cette campagne, qui inclut une action similaire sur le port de Nice, s’inscrit dans le programme de surveillance des ports 2018-2021.

 

Evaluation des réaménagements sur la qualité de l’air à proximité du Cap Janet et des bassins de la Joliette

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La restructuration des terminaux internationaux du Cap Janet et de la Joliette réduira les niveaux de pollution en dioxyde d’azote (NO2) et particules fines (PM10) par rapport à l’implantation initiale.

La qualité de l’air dans les quartiers environnants du Cap Janet ne devrait pas être significativement modifiée.

Celle des environs des bassins de la Joliette devrait s’améliorer avec une réduction de l’exposition des populations.

 

L’impact de la modification de la circulation routière ne sera pas significatif

L’impact de l’aménagement routier associé au projet ne montre aucune variation significative des concentrations en dioxyde d’azote et en particules sur les statistiques annuelles règlementaires par rapport à la situation initiale (le scénario tendanciel sans projet est détaillé dans le rapport ci-contre).

Le raccordement électrique et le lavage des fumées limiteront les émissions polluantes des escales, entrainant peu d’évolution de la qualité de l’air au niveau du Cap Janet

Le nombre d’escales sera doublé à terme. L’électrification de la moitié d’entre elles, associée à l’équipement de laveurs de fumée pour un quart des escales restantes, limiteront les émissions de polluants dans l’atmosphère. Les niveaux attendus en NO2 et PM10 sur le terminal réaménagé sont très proches de la situation initiale pour les quartiers proches des bassins.

► Le nombre de personnes exposées à un dépassement devrait diminuer dans le secteur proche de la Joliette

Grâce à une diminution du nombre d’escales dans les bassins de la Joliette, les concentrations en NO2 et PM10 devraient diminuer dans les quartiers environnants. Le nombre de personnes exposées à un dépassement de valeur règlementaire diminuera de 25 000 pour le NO2 et d’environ 2 500 personnes concernant les PM10.

Nota : Les valeurs limites règlementaires européennes de NO2 sont identiques aux valeurs directrices de l’OMS. Les valeurs limites européennes règlementaires de PM10 sont deux fois supérieures aux lignes directrices de l’OMS.