Qualité de l'air et tendance sur les Bouches-du-Rhône

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La population est-elle exposée à la pollution dans le département des Bouches-du-Rhône ?

En 2018, près de 37 000 personnes restent exposées au dépassement des valeurs limites les polluants réglementés (dioxyde d’azote et particules fines) dans les Bouches-du-Rhône (56 000 en 2017). Les principales zones sont les agglomérations, les grands axes routiers, les secteurs industrialisés et la zone portuaire qui génèrent des émissions polluantes.

Pour le dioxyde d'azote :

Plus d’un tiers de la population régionale exposée au dépassement de la valeur limite pour le dioxyde d’azote (population régionale exposée : 99 000 personnes) est localisée dans le département des Bouches-du-Rhône  avec près de 37 000 personnes.

Ce département est le deuxième concerné par le non-respect de cette norme, après les Alpes-Maritimes (57 000 personnes). Le nombre de personnes concernées a diminué d'environ 70 % depuis 2010.

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Evolution de la population exposée au dépassement de la valeur limite annuelle en dioxyde d’azote en région Provence-Alpes- Côte d’Azur

 

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Niveaux de dioxyde d’azote dans les Bouches-du-Rhône en 2018

 

Pour les particules fines :

Dans le département des Bouches-du-Rhône, moins de 1 000 personnes maintenant résident encore dans une zone où la valeur limite est dépassée en 2018 pour les particules fines PM10.

Cependant, les niveaux relevés sont nettement supérieurs aux recommandations de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).

En 2018, on estime à 561 000 le nombre de personnes vivant dans une zone en dépassement du seuil OMS pour les PM10 dans ce département (28 % contre 100 % en 2010).

Les particules sont issues de l’activité industrielle, du trafic et du chauffage domestique.

Carte exposition population aux dépassements norme OMS NO2 PM10 Bouches-du-Rhône 2016

 

 

 

Pourcentage de la population concernée par le dépassement de la Ligne Directrice (LD) OMS pour le PM10 en 2017

 

 

 

 

 

 

Pour l'ozone :

Pour ce polluant, issu de réactions photochimiques entre les polluants sous l’effet du rayonnement solaire, on estime que près de 1 973 000 personnes des Bouches-du-Rhône vivent dans une zone en dépassement de la valeur cible à 3 ans, soit 98 % de la population contre 84 % en 2010.

Parmi les précurseurs de l’ozone on retrouve les polluants d’origine industrielle et automobile mais aussi certains composés issus de la végétation.

A SAVOIR : Comprendre les normes européennes et sanitaires

La directive « Clean Air For Europe » - 2008 dicte les normes réglementaires européennes à respecter pour les polluants réglementés.

 

dioxyde d’azote (NO2)

particules fines PM10

ozone (O3)

normes

valeur limite

valeur limite

valeur cible

année application

2010

2005

2010

valeurs réglementaires

40 µg/m3 en moyenne annuelle

50 µg/m3/j à ne pas dépasser plus de 35 jours par an

Et 40 µg/m3/an

120 µg/m3/8h à ne pas dépasser plus de 25 jours par an, en moyenne sur 3 ans

 

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) recommande des niveaux d'exposition au-dessous desquels il n'a pas été observé d'effets nuisibles sur la santé humaine ou sur la végétation. Les lignes directrices de l’OMS fixent la valeur annuelle en particules fines PM10 à 20 µg/m3.

Les zones à enjeux sur le territoire

C'est à proximité des axes routiers et autoroutiers et dans les villes du département (Marseille, Aix-en-Provence, Martigues, Aubagne, Arles, Salon, Port-de-Bouc, Marignane, Vitrolles, les Pennes Mirabeau…) que l'on observe les concentrations les plus élevées en dioxyde d’azote, avec une population d’autant plus exposée. En effet, au niveau des grandes agglomérations et des sections interurbaines, le trafic reste important, même si des aménagements et des efforts sont prévus pour gagner sur la place de la voiture (L2, augmentation de l’offre des transports en commun, requalification de quartier – Eco quartiers, de voirie, BHNS…). La Métropole Aix-Marseille Provence regroupe des zones d’activités artisanales et commerciales, une zone portuaire, un aéroport international qui font partie des sources de pollution en lien avec le trafic important de véhicules particuliers et de poids lourds associé et leurs activités propres.

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Cartes de l’indicateur combiné 2018 des concentrations des 3 polluants (NO2, PM10, O3)

Cette carte synthétique qualifie les zones ayant un niveau d’exposition à ces polluants plus ou moins élevés. Les grandes zones urbanisées, les réseaux routiers et autoroutiers denses, les grands pôles industriels du territoire, ports et aéroports, ont un impact important sur les émissions de polluants atmosphériques.

La carte des indices synthétique ne rend pas compte de toutes les zones à enjeux du département car elle n’est basée que sur 3 polluants règlementés.

Des polluants non réglementés d’intérêt sanitaire sont identifiés sur le département et l’activité industrielle en est une des sources principales. Des premières zones à enjeu sont identifiées au travers d’études en cours tels que SCENARII dont il faut aussi tenir compte.

Quels sont les principaux secteurs émetteurs ?

Emissions 2016  BdR

Les transports, l’industrie, et le secteur résidentiel/tertiaire sont les trois principaux secteurs d’émissions des polluants réglementés qui restent préoccupants sur le territoire avec :

  • 60 % des NOx émis par les transports routiers et non routiers

  • 32 et 25 % respectivement de PM10 et de PM2,5 émis par les industries et unités de traitement des déchets

  • Le secteur résidentiel tertiaire (chauffage, brulages...) est émetteur à hauteur de 19 % pour les particules PM2,5 et 52 % des émissions de benzo(a)pyrène.

Le secteur agriculture, sylviculture et nature est le principal émetteur de composés organiques volatils non méthaniques (COVNM) avec 45 %. Ces émissions sont principalement induites par la végétation locale (terpène).

Les émissions polluantes du département représentent de 51 à 89 % des émissions régionales pour les principaux polluants : particules, oxydes d’azote et dioxyde de soufre.

Concentrations des polluants réglementés en baisse mais des situations de dépassement des valeurs limites

La tendance moyenne d’évolution  des concentrations en polluants sur les Bouches-du-Rhône, depuis 18 ans, est globalement à la baisse, avec respectivement – 32 % pour le NO2  et – 54 % pour les PM10. Cette dynamique est cependant inégale selon les zones en fonction des disparités locales.

Tendance annuelle des concentrations NO2 (base 100) par site de mesure, depuis l'année 2000 :

Variabilité NO2 BdR 2000-2018

 

 

Les concentrations de dioxyde d’azote ont baissé d’environ 32 % sur les Bouches du Rhône depuis les années 2000, mais cette diminution s’est produite essentiellement sur les 10 dernières années, depuis 2007-2008. Cette diminution moyenne est équivalente à celle observée pour la région Sud (-34 %). Au sein du territoire, les stations de l'est des Bouches-Rhône diminuent moins vite que celles de l'ouest .

 

 

 

Evolution des moyennes annuelles en NO2 sur 10 ans

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Sur les mesures aux stations, en 2018, 2 stations, Aix Centre (Roy René) et Marseille-Rabatau dépassent la valeur limite annuelle de 40 µg/m3, avec respectivement 41 et 47 µg/m3/h /an.

La station Marseille-Saint Louis, a pu dépasser la valeur limite sur les années antérieures. En 2018, elle la respecte avec 33 µg/m3/h /an.

Le site de Marseille Plombière n’est plus en fonctionnement depuis 2017, des mesures passives ayant pris le relais. En 2017, le dépassement de la valeur limite annuelle était effectif, avec 75 µg/m3/h/an, ainsi que celui du seuil de recommandation horaire (200 µg/m3/h) avec 1 dépassement horaire (7 en 2016).

 

Tendance annuelle des concentrations PM10 (base 100) par site de mesure, depuis l'année 2000 :

Variabilité PM10 BdR 2000-2018

 

En 18 ans, après une tendance à la hausse jusqu’en 2006-2007, la moyenne des concentrations des stations des Bouches du Rhône a chuté de 54 %. Cette tendance suit celle de l’évolution des PM10 en région Sud (-52 %) et celle du niveau national.

Deux phases de diminution ont été plus marquées, de 2006 à 2008 et de 2012 à 2014.

 

 

 

 

Evolution des moyennes annuelles en PM10 sur 10 ans

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La valeur limite annuelle (40 µg/m3/an) n’est pas dépassée depuis 2013, sur les stations des Bouches-du-Rhône.

La valeur limite journalière de 50 µg/m3/j est à ne pas dépasser plus de 35 jours dans l’année. Cette valeur limite est respectée.

Cependant, des stations peuvent compter des journées polluées sans que le nombre de 35 jours soit atteint. Ainsi, on dénombre en 2018, 8 jours de dépassement du seuil 50 µg/m3, sur Marseille Rabatau, 6 jours sur Aix Centre et sur Gardanne, 3 jours sur Marseille Longchamp, 2 jours sur Miramas et Port de Bouc, et 1 jour sur Aix Art, Salon, et La Mède.

 

Les épisodes de pollution sur les Bouches-du-Rhône

Le département des Bouches-du-Rhône reste le département le plus concerné par les épisodes de pollution en Provence-Alpes-Côte d’Azur.

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Historique depuis 2014 en ozone et 2015 en PM10 (Nota Bene : la méthode d’évaluation des épisodes de pollution en PM10 est différente entre 2014 et 2015 et ne permet pas la comparaison des épisodes sur ces deux années)

La tendance de ces dernières années semble être à l’amélioration pour les pics de pollutions aux particules fines. A voir si cela se confirme néanmoins, car 7 épisodes se sont déjà  produits en début d'année 2019 (les 15, 22, 26, 27, 28 février, le 25 mars et le 5 mai).

En ce qui concerne les épisodes d'ozone, ceux-ci ont été plus nombreux en 2018 : l'été 2018 a été le deuxième été plus chaud de l’histoire en France, selon Météo-France, loin toutefois derrière celui de 2003 et sa canicule importante. Les fluctuations observées d’une année à l’autre sont en étroite relation avec des considérations météorologiques de type pluviométrie abondante ou canicule qui vont soit diminuer le nombre d’épisode soit les augmenter.

A noter un épisode d'ozone "précoce" en 2019, le 24 mars, journée particulièrement chaude et ensoleillée : la photochimie a été active, à partir des polluants précurseurs à l'ozone émis par les activités industrielles (Composés Organiques Volatils) ou le trafic (Oxydes d'Azote) présents ce jour-là.

Un épisode de plusieurs journées polluées à l'ozone, parfois successives, s'est ensuite produit du 25 juin au 11 juillet.

Journées concernées : 25, 26, 27, 28, 29, 30 juin, 3, 4, 5 juillet, 8 juillet, 11 juillet. Cet épisode s'est produit lors d'une situation caniculaire en France, avec peu de vent et un ensoleillement important influant sur la photochimie.

L'ozone est le polluant "traceur" de la photochimie : transformation des polluants anthropiques primaires (hydrocarbures, oxydes d'azote, ... issues des transports routiers, de l’industrie, et des transports maritimes aux premiers rangs des activités émettrices ) en polluants photochimiques secondaires (ozone, eau oxygénée, peroxyacetyl-nitrate, ...). Cette chimie de l'atmosphère génère également d’autres polluants comme les particules ultra-fines (PUF).

En 2019, le décompte des épisodes est réalisé juqu'au 14 juillet, ce graphe étant actualisé régulièrement en cours d'année.